Dans la décennie qui a suivi l’arrivée du porter sur la scène londonienne, les brasseurs ont reconnu son potentiel dans des formats plus robustes, également appelés « stout ». Ce nouveau style de bière à la mode a rapidement montré son adaptabilité pour les premiers industriels qui commençaient à expérimenter la production de masse.
Les brasseurs londoniens avaient commencé à exporter des porters et des stouts plus forts dès le milieu du 18e siècle, et au début du 19e, ils les expédiaient régulièrement par bateau, via le Cap vers l’Inde, l’Australie et l’Asie du Sud-Est, à travers l’Atlantique vers la côte Est de l’Amérique du Nord, et via la mer Baltique vers la Russie, la Pologne et la Scandinavie. Ce n’était qu’une question de temps avant que les brasseurs des Pays-Bas, du Danemark, de Suède, de Finlande, de Pologne et des États baltes ne produisent des bières similaires.
Voir aussi : Porter baltique
Stout d’exportation (ou d’exportation étrangère)
Les stouts plus forts dans la tradition irlandaise (5,6-7,2 % ABV) peuvent avoir une odeur aussi douce que la mélasse tout en étant secs en bouche. Riche, presque jusqu’à l’onctuosité, la saveur est forte et torréfiée, sans goût de brûlé. Les notes de chocolat et de café sont appréciées. Ils sont meilleurs en bouteille ou en canette, en raison de la carbonatation plus élevée.
Stout d’exportation fort (ou tropical)
Plus riche que le Stout d’exportation mais moins corsé qu’un Imperial Stout, ce stout plus fort (7,0-8,5 % ABV) doit présenter un caractère foncé, doux, torréfié, caramélisé, parfois fruité et manifestement alcoolisé, avec un houblonnage modéré. Des versions héritées de ce style, parfois simplifiées et fermentées avec de la levure de lager, se trouvent dans les Caraïbes, en Afrique de l’Ouest, au Sri Lanka, à Singapour et sur la côte pacifique de l’Asie du Sud-Est, constituant l’un des héritages les plus étranges des anciens empires européens.
Stout impériale
L’intensité est le mot-clé pour résumer le caractère de ce qui est pour certains l’empereur des bières. Les meilleurs exemples ne sont pas simplement forts (8,0-12,0 % ABV), ils arrivent avec toute leur puissance, fusionnant une richesse complexe, multicouche et une céréalité torréfiée. Les versions de style anglais se distinguent par des esters complexes tandis que la version américaine permet une présence significative de houblon. L’histoire du style relève en grande partie de la légende. On ne sait pas vraiment s’ils ont jamais eu un marché domestique important. Le succès du style est en fait assez récent, en grande partie parce qu’il est considéré comme le défi ultime pour un brasseur artisanal moderne d’explorer ses limites.
Stout américain
Brun foncé, très torréfié et incontestablement houblonné, le stout américain (5,5-7,5 % ABV) n’a pas peur des arrière-goûts de chocolat noir et de marc de café. Sa saveur intense peut défier un corps plus léger qu’attendu et sa mousse doit tenir jusqu’à la fin. La frontière avec le porter américain est devenue un peu floue.





